In corpore sano

Pierres plates, mer et ruisseaux
arbres, brume, neige, vent, copeaux
sable et poussière
nature mère, marâtre pâture
où paissent lentement mes rêves
recevez mon corps, c’est de lui que je parle
Lui dont je pose la prairie
longue chair, moelleuse et pâle
jambes traverses, bras éconduits
drapés de peau, ventre d’oubli
et de fine maraude
Tout est esprit silencieux
Moi, je bavarde
je cliquette, je bruisse, je grogne, je gémis
j’occupe l’espace
entre ma fenêtre et mon lit
La terre est si réelle et moi, et moi ?
Que saisis-tu de ma propre joliesse ?
que retiens-tu de mes humeurs ?
Assis, flanc à flanc, dos à l’équerre
écoutant sagement ce qui a le droit de se dire
nos corps parfois tendent à murmurer
leurs envies malpropres
Que c’est long, ici, accablant et fossile !
Où pourrions-nous coucher un instant
ces tumultueux volcans, ces planètes incomprises
dont nous retenons la vie ?
Indécente, peut-être, et pourquoi pas plus encore
quand ma pensée se pénètre de ce qui ouvertement
la rend fragile, indocile, aussi suavement tactile
que nos corps

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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