Celle qui sourit

À contre-courant de celui qui voudrait qu’aujourd’hui

on ne respire pas, pas même d’une seule branchie

ou d’un quart de narine

et qu’on parle ou écrive en se gardant d’exister

je prends de la place

le maximum que je m’autorise moi-même

sans plus rien demander à personne

Regarde-moi, je suis, je le prétends et je l’assume

Mon corps le  vitupère sans noblesse aucune

par ses pores et orifices, par ses sens et ses lois

dont d’ailleurs la nature ne s’offense guère

ayant à faire bien mieux que cela

Si tu ne souhaites pas vivre, ami, donne-moi tout

j’ai un vaste espace dédié à la célébration

des grâces de l’existence, une armoire dont les tiroirs

frétillent du bonheur de se remplir de tous ces riens

que tu juges futiles et qui me sont, à moi,

une bénédiction

N’aie pas crainte de l’ombre que mon appétit de vivre,

pas plus que ton amour de la déréliction,

du gémissement et de la honte liée à tes

imperfections supposées, ne fera !

Regarde, je m’assois, un verre à la main

un rayon de soleil accroché à ma robe

ourlant mes jambes liserées de bas

Regarde, et si ma joie t’assomme

pardonne-moi !

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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