Homo touristicus

Nous sommes des hommes-valises

Chaque matin, sur le pavé,

jette son lot de valisettes

avec roulettes et poignées

dûment poussées par des coureurs

de toute sorte

Des bouches, des halls, des embarcadères,

des portes à tambour, des tarmacs usés,

des ascenseurs les avalent et les emportent

Le ciel se zèbre de longs fils blancs

Des oiseaux lourds crachent leur kérozène

et il pleut gris et gras

L a planète roule sous ces flux constants

qui cherchent d’un pôle à l’autre

à se faire de l’argent, une place au soleil

une retraite dorée et quelques sensations

fortes pendant qu’il en est temps

Nous sommes des êtres à transhumance paramétrée

En rouge, sur le calendrier,

nos courtes errances

font grimacer, à l’autre bout

de la chaîne de l’humanité

l’obscur maillon que le sort rivette

à un sol moins clément

Nous sommes des hommes-valises

qui revenons bien plus à vide

qu’en partant

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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4 commentaires pour Homo touristicus

  1. J’applaudis des quatre mains, Colette. Partir en voyage, pour une ou deux semaines, pour voir quoi, pour vivre quoi, pour rencontrer qui ?

    Aimé par 1 personne

  2. Le seul vogaye qui mérite la peine c’est le vogaye interieur, sauf a Paris!!! Plaisanterie à part, j’ aime beaucoup ce poème. Merci,chère Phédrienne, il nous fait réfléchir.

    Aimé par 1 personne

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