La malédiction du hobbit

Un jour, un psychiatre à tête de hobbit m’a confié que j’étais Blanche-Neige.

Selon lui, qui me voyait dressée dans mes habits de candide blancheur était pris

aussitôt de l’irrépressible envie de me noyer.

Je suis rentrée chez moi avec sur ma robe une odeur de moisi, une subtile trace d’ennui décomposé, une suie de déréliction.

Mais il avait raison.

Le cynisme sur moi n’a guère de prise.

Sa case manque dans mon cerveau tout comme le sens de l’orientation, ce qui me ferait errer sans fin, dans une maison de 20 pièces, entre l’entrée et la salle de bains.

Peut-être parce que l’étouffoir des chagrins n’a pas manqué à ma jeunesse,  ma folle immaturité de ce temps se gave de vrais rires

Je n’ai ni haine ni ressaut de bile dans mon estomac.

Ce défaut de fabrication ne fait loi ni pour moi ni pour personne, mais, parfois, je regarde ce fil graissé de noire mélancolie et je me réjouis de n’y pas glisser.

(PS : l’anecdote du psy est rigoureusement exacte, bien que je n’ai pas eu le toupet de vérifier si ses pieds étaient poilus)

 

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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