Cui-cui

Petit à petit, en oiseau malhabile

J’ai ramassé quelques brindilles

mais le nid n’est pas pour moi

La paille de ma maison s’effile

et le vent qui parfois habille

mon salon qui grince de guingois

se plaint de courir sans gîte

aussi exilé que moi

d’une terre où n’habitent

que quelques marcheurs sans roi

Le soleil sur la peau en guise de viatique

le ciel chamarré et ses tissus d’aloi

et l’herbe sous les pieds en semelles complices

mes habits d’apparat, ma tenue de délices

dans le placard fermé n’attendent plus que moi

A la tâche, appliquée, le dos courbe et frileux

je rêve du grand dehors, des bourrasques, du froid

de tout ce qui au corps rappelle ses limites

Le grand navire de pierres, de poutrelles et de bois

m’enferme durement  dans son ventre tranquille

mais par la cheminée une fraîcheur s’infiltre

et le nid, brin à brin, perd encore de son poids

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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3 commentaires pour Cui-cui

  1. ibonoco dit :

    Une envie de retourner à l’état de nature ?
    Belle journée 😊
    John

    J'aime

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