Une heure trente trois

Cette nuit, j’ai compté

les yeux grands ouverts

dans l’ersatz de nuit

Il était, je le sais, 1 heure trente trois

De l’autre côté du mur

Tania appelait « maman, maman ? »

comme elle le fait toutes les nuits

Je comptais

Toutes les 20 secondes

une échappée de plus

Voiture, moto, vélo, piéton

Musique, voix, freins, accélération

Toutes les 20 secondes

Une chouette de ville

Un Nosferatu du pavé

Et les mains sur ma poitrine asphyxiée

Je comptais

Que cherchaient-ils ces évadés ?

Alors je me suis imaginé

Les rues, les trottoirs, les ponts

La bouche du métro, les jardins étiques

Livrés seuls et nus à ma seule avancée

Je me suis vue courant bras écartés

criant dans le vide, je me suis vue

désertant ces lieux de pâle réclusion

Je me suis vue empoignant le bras fort

d’un rare fantôme lucide pour lui dire

Serre-moi plus fort, ne me laisse jamais partir

Il était une heure trente trois

Tous avaient fui et moi

Et moi

Je restais là

Peut-être que le manque

n’était pas assez fort ?

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
Cet article, publié dans Les poésies de Colette, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.