Icarelette (les poètes, ce n’est pas sérieux)

Ce matin, un oiseau moqueur et intrépide

voltigeait au-dessus de moi

et piquait depuis les plus hautes toitures

des vols planés narquois

C’était un pigeon qui se désirait aigle

un piaf amusant et sournois

Ma raide pesanteur postée

sur un trottoir de longue impatience

ma chair empesée de tissus

d’armature, de cuir et de nylon

s’est complu à songer longuement

Je rêvais d’un corps musical et soyeux

Un corps multiforme, ondoyant et joyeux

Un corps ailé, transparent et agile

Un corps que je ne vêtirais pas

A la fin, le pigeon posé sur un balcon

Napoléon de 400 grammes

l’aile nichée dans son plastron

a regardé fixement le vide

Je bombai mon torse

J’ouvris les bras

prête à décoller pour de bon

lorsque le monsieur derrière moi

d’une voix sourde et insidieuse

me dit : « Avance !

Tu ne vois pas que ça ouvre ! »

Le rêve d’Icare, parfois, ne tient

qu’au fil de la conversation

si minimale qu’elle soit

(Tu marches sur mes rêves, disait Yeats J)

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
Cet article, publié dans Les poésies de Colette, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.