Tu parles (poème à demi-mots)

A défaut de logorrhée, de jactance, et de prolixité

J’ai confiné ma langue et je l’ai enroulée

Bien serrée dans sa gangue, et assez muselée

Pour qu’elle ne pourfende rien

Le confit de langue a un goût très fin

Entre asperge blanche et salsifis

Mais le palais y trouve peu de joie

Une langue qui se tait, évidemment s’ennuie

Ou bien se recule devant le fracas

Des pauses tourmentées et des éclats

D’immédiate colère ou d’enthousiasme stérile

Je n’oublie pas le spectacle du monde

Et ce qui en jaillit, tout ce qui gronde

Mais le verbe fait écume et souvent va plus loin

Que le dire immédiat, bellement affiché

Je me tais plutôt que d’exprimer à cor et à cris

Mon incompréhension de ce monde

Et mon rejet de ce que je ne saisis pas

Je me tais plutôt que de faire du bruit

Pour rien

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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2 commentaires pour Tu parles (poème à demi-mots)

  1. Rémy dit :

    Bien ! De la belle ouvrage. Bravo !

    J'aime

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