Entoilage (poésie sans fils)

J’ai des amis communs, fantaisistes pourtant
avec d’autres amis que je n’ai jamais vus
Certains me font ici des bonjours assidus
d’autres m’ignorent d’autant que je les honore
de ma propre paresse en ne leur disant rien
C’est qu’ici est un monde étrange et loufoque
On se pique on se toque et on se rit de tout
on insulte on combat on crie on tonitrue
même pour des sujets dont souvent on se moque
je me prends quelquefois à ce terrible jeu
et dans ces fils sournois je m’emberlificote
et me prends à grogner à mon corps défendant
babines retroussées et neurones en loque
Las! Il me revient alors le temps de la palabre
des discours animés autour d’une bonne table
du vin bu et offert, de la main sur l’épaule
des heures de la nuit où nous aimions marcher
et où le mot amis s’incarnait dans la chair
la rude crudité du corps et des parfums
l’ivresse, la colère, et la joie du matin
ouvrant aux yeux défaits la beauté de ce monde
J’ai des amis communs, fantaisistes pourtant
avec d’autres amis que je n’ai jamais vus
Pourtant, j’ai dans ma tête les regards têtus
et dans mes mains la chaleur du monde

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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