Un siècle de progrès

Dans la rue Greuze, lorsque je sors de chez moi

Je passe lentement devant une femme

Dont le logis s’abrite sous une porte de garage

Relevée quand le soleil est là           

Souvent elle parle dans son téléphone

Et j’ignore ce qu’elle dit

Sa voix ronde de calebasse

Son accent rocailleux et profond

Semblent dire une messe basse

Adressée à quelque dieu enfui

Un peu plus loin, des terrasses

Flambant neuves, fraîchement arborées

Ont remplacé des logements ouvriers

Hardiment la fangeuse crasse

Dans la rue Greuze quand le silence efface

Le babil et le turban, sous la porte relevée

La femme assise reste en place

Ses deux mains  bien à plat sur ses larges genoux

Donnant de notre siècle un bien curieux portrait

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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