Miaou !

J’avais des souliers rouges et j’attendais

sur un trottoir lyonnais dans une rue obscure

sous la lune à minuit l’heure des métamorphoses

Je guettais dans les ombres des griffes à ma main

des épaules massives, un cou de taurillon

des flammes à mes cheveux et un rire sardonique

J’attendais de grandir et de hurler aux loups

la tête renversée vers le lent crépuscule

J’attendais et ne vint qu’un maigre matou

efflanqué et pelé avec un poil rêche

qui  à mes mollets  durs frotta ses osselets

et poussa vainement un tout petit miaou

C’est ainsi qu’à vouloir être autre que soi

se couvrir de courroux se draper d’importance

et venger de certains le vaniteux arroi

 on trouve reflétées de piètres espérances

Depuis, toujours chaussée et dodue et amène

les mains campées aux hanches et le mollet vainqueur

à midi, à minuit, je danse librement

le chat sur mes talons sous le ciel d’argent

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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