L’amoureux

Je regardais cet  homme

tout de puissance dressée

le pont de ses épaules

son profil léonin

et son œil acéré

froid comme la bise

Une tête de plus que moi

et l’argent, le statut

 les amis et le verbe

la reconnaissance

 de ses pairs

tout ce vernis luisant

 de bourgeoise lumière

Tout soudain il me dit

regardant au lointain

la pointe aigue d’un clocher

et la pente tuilée de mousseux oubli

d’une vieille maison dormant

sur son jardin

« Ma femme aurait aimé ce lieu »

Et dans sa voix mouillée

d’un éternel chagrin

dans son œil adouci

redevenu aimant

je reconnus l’amoureux

qu’il demeurait encore

sous la lourde armure

du temps

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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