Les zélateurs du droit m’ennuient !

J’ai fini par tâter moi aussi de la zapette. Sautant d’une chaîne à l’autre, d’un média à un autre lorsqu’il me vient par nonchalance ou  abdication passagère, l’idée de regarder les informations. Ecouter est un mot mieux approprié car à proprement parler, il n’y a rien à voir d’autre qu’un ou deux individus, homme et femme-tronc débitant les fadaises que leur prompteur leur dicte sur des diaporamas plus ou moins bien faits. Sortant du chaudron à mots tout faits quelques récurrences bien senties tellement lavées à l’eau de javel, qu’on ne sait plus trop quel goût elles ont ni ce qu’elles sont supposées signifier ; parmi ces dernières, on trouve le mot : droit !

S’il existe un compteur automatique de mots qui archive ces mots clefs, ce vocable-ci doit figurer au palmarès ! Droit par ci, droit par là, droit à l’enfant, au toit, au boulot, au chien, égalité des droits ! Je sais bien que cette maxime si mal comprise brille au fronton de nos mairies et croyez bien que je ne joue pas les réactionnaires nostalgiques de la restauration ni de la monarchie ! Mais enfin, ce droit brandi à bras le corps par tout un chacun me semble frotté de quelques inexactitudes et de déviation de sens.

N’importe quel vieux dictionnaire nous rappelle en effet que le droit est constitué d’un ensemble de règles appliquées à l’ensemble des citoyens et édictées par les juridictions compétentes. Il n’y  a donc là aucune référence à une quelconque notion d’équité morale, de bienséance ni de subjectivité, aucune base émotionnelle ni affective : le droit c’est le droit, c’est-à-dire un code.  Tout au contraire et pour pallier les arbitrages , si et lorsqu’il est exercé justement, le droit doit s’appliquer stricto sensu. Avec des conséquences qui ne sont pas toujours plaisantes et des contreparties : le droit sert chaque citoyen mais lui est aussi opposable.  Il répond à ses problématiques mais lui impose des obligations et des restrictions. On peut donc difficilement réclamer en même temps un état de droit et exiger d’avoir pour soi tous les droits ni confondre ses envies et besoins, légitimes ou non, avec une notion de droit. On ne parle pas des mêmes choses. Quand on réclame un droit,  on devrait quand même commencer par réfléchir à ce que ça veut dire de nous, de nos vœux et de la société  que nous avons validée et à ce que ça pourra apporter à la communauté tout entière. Quand on revendique le droit à l’enfant  par exemple, hors du champ moral et religieux qui ici ne m’intéresse pas,  (et donc, toutes catégories de gens confondues), réfléchissons à ce que cette notion-là recouvre exactement, qu’est-ce que ça veut dire, qu’est-ce que ça implique pour l’enfant, quels valeur et statut ? Qu’est-ce que ça dit de nous, quelles sont nos motivations et les fondements de cette demande.  Commençons par là.

Il me semble donc qu’avant d’agiter son drapeau et de réclamer son droit, on devrait se demander à quoi il se réfère et sur quoi on peut se baser : on y gagnerait en cohésion, en compréhension de  notre système et on affinerait peut-être l’image de la société dans laquelle on souhaite vivre. Un vrai débat de fond, quoi, que je ne suis pas en …droit d’exiger mais que j’appelle de tous mes vœux. Avec les mots, ce sont aussi les pensées qui avancent.

A propos Phédrienne

Je suis ce que j'écris, ce que je vis, et réciproquement, cela suffit sans doute à me connaître un peu :)
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